Droit des malades

Le droit des malades est un droit nouveau. Sans doute faut il y voir le résultat des actions judiciaires des citoyens depuis ces dernières décennies.

 

Maître Philippe Autrive

Rappelons Pierre DAC pour qui « la recherche médicale a pour objet la découverte de nouveaux modes de traitement et non celle de nouveaux clients ». 

Mais derrière ces condamnations, qui n’ont pour finalité que de faire des « exemples », ce sont les droits des malades, le droit de la santé, que l’on bafoue.

On croyait les droits du malade établis, on s’aperçoit qu’ils ne sont qu’esquissés !

On croyait aux déclarations tonitruantes, Helsinki, Tokyo, qui prévoient expressément « lors d’un traitement d’un malade le médecin doit être libre de recourir à une nouvelle méthode diagnostique ou thérapeutique s’il juge que celle-ci offre un espoir de sauver la vie rétablir la santé ou soulager les souffrances du malade... » ces déclarations ne sont qu’intentions ! 

droit des malades

Dans le même ordre d’idée, le Professeur KASSIRER dans le New England Journal of Medicine s’exprimait en ces termes (le monde 31 janvier 1997) « Ce qui compte vraiment pour un traitement c’est de savoir si un patient très malade se sent soulagé après son administration et non de savoir si un essai contrôlé peut prouver son efficacité ». La guérison serait donc plus que la médecine !

Le droit des malades est avant tout celui des citoyens et chacun est directement concerné ou le sera un jour pour ses proches ou lui-même, et comme s’amusait à le rappeler le bon docteur KNOCK, « tout bien portant est un malade qui s’ignore !’ ».

Les citoyens, n’en déplaise à nos autorités scientifiques, commencent à se faire entendre, revendiquent des droits fondamentaux et aspirent à savoir ce qu’ils mangent, à connaître le contenu d’un vaccin, à appréhender les effets secondaires d’un médicament, à agir sur leur corps et leur esprit. Le droit de la santé deviendrait-il celui du droit à la santé ?

Les pouvoirs public seraient bien avisés d’entendre, non plus ces revendications, il faut bien en convenir, qui seront difficilement satisfaites du fait du poids des trusts, mais le bruit sourd, battu par les citoyens qui se fait de plus en plus pressant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Maître Philippe Autrive

 

 

 

 

 

(Le Tribunal de Grande Instance compétent pour la région d'Arpajon est celui d'Evry)